La Moviola



La Moviola est un appareil qui permet d’assembler les parties d’un film et de les visionner. Je m’en suis servi pour monter mon premier film à Montréal, Mon pays, mes amours, en 1956.

Elle était noire, le son était sur pellicule optique et le bruit était assourdissant.

En 1961, grande amélioration, j’en reçois une qui est verte et le son est maintenant magnétique, mais elle est tout aussi bruyante.
Une vraie jeep, qu’elle était belle !

On se tenait debout, ou le bout des fesses sur un tabouret, on visionnait le film sur un tout petit écran, on arrêtait pour faire une coupe et une collure; puis on allait au plan suivant. Si on voulait revenir au début, la marche arrière n’était pas plus rapide que la vitesse normale. Pour regarder le film sur ce petit écran avec le réalisateur, il fallait se contorsionner, ce qui m’a occasionné de nombreux torticolis.

Cet appareil sert encore dans certains studios américains, quoiqu’on soit passé au cours des années 70 à des tables de montage horizontales beaucoup plus performantes et pratiques.

Mais tous ces appareils sont maintenant des objets de musée depuis que l’ordinateur a pris le relais.

N’empêche qu’on a monté de sacrés beaux films sur la Moviola, dont Pour la suite du monde, À tout prendre, La Vie heureuse de Léopold Z, Avec tambours et trompettes, 60 cycles et probablement aussi…
La petite Aurore l’enfant martyre !

Texte de Werner Nold pour l’exposition virtuelle de la Cinémathèque québécoise
FACE À FACE, Gabor Szilasi photographie le cinéma (2004).