LUCETTE LUPIEN «naît» à l’ONF où elle débute comme administratrice de studio puis comme assistante réalisatrice, entre autres pour Jacques Godbout (Ixe-13, 1972), Marcel Carrière (OK Laliberté, 1973 et Ti-Mine, Bernie pis la gang, 1976), Thomas Vamos (La Fleur aux dents, 1976), Claude Jutra (Pour le meilleur et pour le pire, 1975) et Anne Claire Poirier (Mourir à tue-tête, 1979, tournage partiel).

Dans les années 80, elle dirige le Conseil de la culture des Laurentides, sa région d’origine, pendant 8 ans. Ce passage sera marqué par la transformation du Palais de justice de Saint-Jérôme, en centre culturel incluant un Musée d’art contemporain, une bibliothèque professionnelle et une salle de spectacle, - toutes choses n’existant pas auparavant dans la capitale régionale - et une augmentation significative des fonds pour les créateurs et créatrices de la région.

Durant son mandat elle fera partie du comité de stratégie de la Coalition du monde des arts qui réclame et obtient du gouvernement du Québec d’accorder 1% de son budget aux arts et à la culture.

Fin 80, elle revient dans le milieu du cinéma pour un court séjour comme directrice de l’Aide à la création et à la production de la SODEC. Elle en profitera pour y recenser et mettre à jour les 400 projets en circulation à la SODEC, à différentes étapes de leur réalisation, tout en déléguant davantage de pouvoir de décision à ses directeurs de projets.

Par la suite elle se consacrera à l’organisation d’événements. Elle coordonne ainsi et dirige les festivités du 50e anniversaire de l’ONF en 1988-89 ; en 1990, elle dirige l’équipe de recherche du film La Conquête du grand écran de André Gladu sur l’histoire du cinéma québécois (Nanouk films et ONF). Elle fait un bref passage à Convergence, pour organiser des forums sur l’impact des nouvelles technologies sur la création des images en mouvement. Puis de 1994 à 1996, elle coordonne les activités de Cent ans de cinéma. Parmi les événements majeurs de ces festivités, mentionnons la création du Parc Claude-Jutra (honteusement disparu du radar en 2016) et sa participation à l’organisation des États généraux des créateurs et créatrices du cinéma et de la vidéo.

Nommée directrice générale de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (1997-2000), elle est alors à l’origine, avec Philippe Baylaucq, de la Coalition québécoise et canadienne pour la diversité culturelle qui vise à protéger les droits de tous les pays à sauvegarder leur culture. En 2002, elle organise pour l’ARRQ le Forum international des associations de réalisateurs, à Montréal, à laquelle 26 pays participent.

2003-2006, elle co-fonde et dirige l’Observatoire du documentaire du Canada. Et puis en 2007, avec Isabelle Hayeur et Ève Lamont, elle participe à la création de Réalisatrices Équitables, auquel elle va contribuer pas mal jusqu’en 2010. Parallèlement, elle est chargée de cours à l’INIS, animatrice de rencontres et de conférences et fait partie de comités et de jurys pour Vues d’Afrique, le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts de Montréal.

Les années 2010 la verront s’intéresser à la recherche. En effet, en 2013-2014, elle mène la recherche et la rédaction de l’historique de l’ARRQ pour son 40e anniversaire, la brochure «1974-2014, l’ARRQ, 40 ans d’occupation».

En 2016-2017 elle est recherchiste pour le documentaire de Fernand Dansereau, L’érotisme et le vieil âge. Elle sera à nouveau recherchiste de Fernand Dansereau pour son prochain projet de film dont le démarrage est prévu pour le printemps 2018.

Lucette Lupien est Marraine-fée des Réalisatrices Équitables et est nommée membre honoraire de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec en mars 2018.

Mars 2018